La Tour des sept bossus
Roman
Terres fantastiques
Emilio Carrère
Conçue à l’origine par Emilio Carrère (1881-1947) comme un roman-feuilleton d’aventures, La Tour des sept bossus mêle mystère policier, fantastique pseudo-scientifique et surnaturel, avec l’ambition d’imiter les grandes figures du roman populaire européen : Gaston Leroux, Luigi Motta, Gustave Le Rouge ou encore Jean de La Hire — mais on y trouve aussi un humour typiquement madrilène. Éloignée du réalisme littéraire espagnol de son temps, l’œuvre puise sa matière dans un imaginaire foisonnant : esprits qui s’affrontent dans le plan astral, bandes de faussaires difformes, savants fous, disparitions énigmatiques, et même l’évocation d’une ville souterraine perdue sous les entrailles du vieux Madrid.
Vers 1923, Emilio céda à un éditeur madrilène un manuscrit qu’il présentait comme un nouveau roman. En réalité, il s’agissait d’un texte composite: d’une part, sa nouvelle « Un Crime invraisemblable », publiée l’année précédente, et d’autre part, une liasse de papiers sans grande cohérence, censés donner l’illusion d’une œuvre complète. Pour sauver le projet, l’éditeur fit appel à un jeune écrivain encore peu connu, Jesús de Aragón (1893-1973) qui reçut pour mission de donner forme à ce chaos.
Ainsi avant d’être en 1944 le film précurseur du cinéma fantastique espagnol grâce à la géniale adaptation que procura Edgar Neville, le roman éponyme entra dans l’histoire littéraire comme une œuvre d’Emilio Carrère, mais entourée d’un halo de mystère, de soupçons et de commérages quant à sa véritable paternité. Nous vous présentons ici sa première traduction en français