Tome premier
Le manuscrit dont nous donnons ici l’édition avait été préparé par Luzel lui-même. Il s’agit d’un ensemble de petits cahiers d’une belle calligraphie dont l’aspect seul montre le soin apporté par Luzel, déjà âgé, à ce qui devait être son dernier livre.
Accepté par un éditeur en 1892, puis restitué à Luzel peu avant sa mort, le manuscrit remis à Anatole Le Braz devait rester inexplicablement oublié : cinq pièces seulement, extraites du volume, devaient donner les
Contes et légendes des Bretons armoricains publiés par Le Braz en 1896, avant que le recueil, joint aux archives de Luzel, ne soit déposé en bibliothèque.
Composé comme un tout rassemblant les contes les plus représentatifs d’une collecte poursuivie pendant toute une vie, ce livre constitue en quelque sorte le testament de François-Marie Luzel. Il nous a donc semblé indispensable de le publier tel quel, comme l’auteur l’aurait voulu.
Tome second
Les vingt contes recueillis dans ce volume constituent le second volet du manuscrit que nous avons publié sous le titre de
Contes inédits tome premier. Il s’agit en effet de contes que Luzel avait préparé pour l’édition à la fin de sa vie. Le premier volume était achevé et avait été remis à un éditeur de Rennes qui avait tant tardé que le livre n’avait jamais pu voir le jour. Le deuxième volume, complément du précédent, était un manuscrit que Luzel aurait sans doute donné au même éditeur si le projet avait pu aboutir. Laissé en attente, il comporte des contes épars, certains d’entre eux collectés par la sœur de François-Marie Luzel, Perrine. Nous avons complété ce volume en lui adjoignant les textes de statut semblable, restés inédits dans les manuscrits de la Bibliothèque Municipale de Quimper.
C’est ce manuscrit en chantier, ce témoin d’un travail en faire, peut-être moins accompli que le manuscrit poli, revu, peaufiné pour l’édition, mais peut-être plus vrai aussi, plus captivant pour le lecteur moderne par son côté brut, que nous avons choisi pour analyser la “fabrique du conte” par Luzel : en donnant pour quelques textes la version première, prise dans le carnet de collectage en breton que nous avons retrouvé, de manière à permettre au lecteur de le comparer avec la version définitive du conte, nous espérons montrer le travail du collecteur, puis du folkloriste et de l’écrivain, tel que les données les plus concrètes nous permettent de le voir se faire.
Françoise Morvan